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SYNOPSIS
VACANCES AU PAYS est un voyage à la quête du fantasme de modernité qui hante la société camerounaise. VACANCES AU PAYS interroge, avec ironie parfois, la notion de développement, associée en Afrique à une modernité “tropicale” qui se résume dans la formule suivante : tout ce qui vient d’Europe est moderne et par contre tout ce qui est local est archaïque et doit disparaître.

Après les ravages de l’esclavage et de la colonisation, le continent africain est confronté à une autre sorte d’anéantissement : l’éducation qui pérennise dans les consciences un complexe d’infériorité et de dépendance vis à vis de l’Europe et établit dans la société une hiérarchie au bas de laquelle se trouve le villageois.

J’ai entrepris de refaire le voyage que je faisais enfant pendant les vacances scolaires, de Yaoundé la grande ville vers Bandjoun, mon village. Vacances au pays donc. Au gré de mes rencontres, je tente de cerner les espoirs, les regrets et les frustrations des gens ordinaires face aux changements qui leurs sont imposés et de jeter, par-delà le fossé creusé entre citadins et villageois, des passerelles citoyennes. VACANCES AU PAYS est une réflexion personnelle sur l’obsession de modernité, un modèle de développement pour le moins problématique qui tourne le dos au progrès pour se conformer à n’importe quel prix à ce moule, fait de misère sans fin pour les uns et d’un contestable assistanat fort rentable pour les autres.

COUPURES DE PRESSE :
Entre espérances d’hier et réalités d’aujourd’hui, Jean Marie Teno tire les leçons. La plus cruelle : le reniement de la sagesse des anciens au nom de la lutte contre l’archaïsme fut un leurre qui permit aux sociétés étrangères d’établir leur humiliante tutelle. Le Nouvel Observateur Toutes ses rencontres sont d’une étonnante liberté, presque flottantes à en perdre pieds. Tribune de Genève Les Festivals : Festival de Berlin 2000 section Forum Cinéma du Réel Vues d’Afrique à Montréal Avril 2000 Grand Prix de la Communication Interculturelle. Festival de San Francisco Visions du Réel à Nyon Munich International documentary film Festival

A PROPOS DE VACANCES AU PAYS :

Le grand lycée de Yaoundé ne porte toujours pas le nom d’un grand homme camerounais, ni celui d’un homme de lettres français, comme c’est la tradition en France, mais le nom d’un militaire : le général Leclerc, celui qui emmena les fils du Cameroun en France, pour les éduquer sans doute, en 1940. On ne sait pas combien en sont morts. Il faut dire que cette guerre-là ne les concernait pas.
Plus tard, un demi million de Camerounais seront massacrés par l’armée coloniale française. Ils étaient concernés cette fois : l’Indépendance prend effet sur le papier le 1er janvier 1960.
Je suis arrivé dans le lycée Général Leclerc au milieu des années 60, dans l’euphorie de l’Indépendance. A l’époque nos parents nous exhortaient en ces termes " Etudie mon fils, tu deviendras comme le blanc " et dans nos manuels scolaires, nos ancêtres étaient gaulois. On nous éduquait, ou plutôt , on nous initiait à la modernité, une divinité au culte exigeant qu’il fallait vénérer sous peine de disparaître. De notre éducation, je garde ce sentiment de frustration qui se résume dans cette phrase : Tout ce qui vient d’Europe est moderne et tout ce qui est local est archaïque et doit disparaître. Quarante ans après l’Indépendance, parfois sans eau potable, les gens des villes sont convaincus d’être devenus modernes. Une modernité qui s’acharne à laver les consciences plutôt que de se préoccuper des canalisations d’eau. Et puis les affiches de Coca-cola sont là pour nous rappeler que l’eau potable est une boisson locale qui entrave le désir de modernité. Alors les citadins se sentent investis de la mission de modernisation à l’égard des campagnes en reprenant à leur compte ce slogan : tout ce qui vient de la ville est moderne et tout ce qui est local est archaïque et doit disparaître. Cela se traduit par la politique du vide qui mène l’impasse actuelle. La vacuité du langage des hommes au pouvoir, repris comme modèle de discours par les citadins étouffe progressivement la parole riche et profonde de leurs compatriotes restés au village et prépare le terrain pour la société de consommation. Cette opération de destruction, qui vient de l’intérieur continue un travail de destruction commencé avec l’esclavage, puis la colonisation, se poursuit sous le masque de l’aide au développement et aujourd’hui la mondialisation, étape d’un processus de réorganisation géographique du travail. Ceci débouchera fatalement sur de nouvelles catastrophes au nom de la modernité. Ce qui est paradoxal. Pour moi, la modernité devrait être le désir de corriger les injustices du présent en réparant les horreurs du passé tels l’esclavage et la colonisation afin de s’assurer des jours meilleurs pour tous les peuples de cette planète. Jean Marie Teno, le premier jour de l'an 2000

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Les Films du Raphia

Les FILMS DU RAPHIA, SARL au capital de 49 545 €, fondée en 1987 par Jean-Marie TENO et Catherine PUISEUX, produisent et distribuent des documentaires et des fictions de court et de long-métrage, pour la télévision et le cinéma. D’abord centrée sur l’Afrique, la thématique des films s’est élargie sur une analyse du monde contemporain dans son ensemble. + plus