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Sacred Places

Titre : Un film de Jean-Marie Teno
1h10 – 2009 – 35mm – VF – Cameroun/France
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Dans un quartier populaire de Ouagadougou, Burkina Faso, loin des paillettes du FESPACO (le Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou), LIEUX SAINTS suit les activités quotidiennes de trois personnages et dévoile la vie culturelle dans un quartier populaire d’une ville africaine. Le film révèle ainsi que la misère économique ne condamne pas forcément à la misère spirituelle et culturelle.

Bouba, l’entrepreneur possède un vidéo-club dans lequel il diffuse des images provenant de DVD d’origine indéterminée. À la fois artisan et artiste, Jules César fabrique et joue du djembé, initiant les jeunes du quartier à la pratique de cet instrument. Et Abbo l’ancien technicien supérieur décore les murs du quartier de citations philosophiques.

Comme deux faces d’une médaille qui s’appellerait cinéma, ces personnages complémentaires m’accompagnent dans ma réflexion sur mon travail de cinéaste. Ils me permettent de me confronter à mes propres contradictions, révélatrices de celles du cinéma en Afrique aujourd’hui.

Que reste-t-il du rêve des pionniers qui voyaient dans le cinéma un divertissement certes, mais aussi un outil de d’éducation des masses ? En prenant comme point de départ cette question, LIEUX SAINTS s’interroge sur la place du cinéma en Afrique aujourd’hui dans le contexte de la mondialisation et de la révolution numérique.

Reviews:

Filmref.com : http://filmref.com/journal/archives/2009/04/sacred_p

Village Voice.com : http://www.villagevoice.com/2009-04-08/film/new-york-african-film-festival/

BeyondChron.com : http://www.beyondchron.org/articles

Newyorker.com : http://www.newyorker.com/online/blogs/movies/2009/04/sacred-places.html

Bampfa.edu : http://www.bampfa.berkeley.edu/film/FN17702

JBSpins.blogspot.com : http://jbspins.blogspot.com/2009/04/ny-african-film-festival-sacred-places.html

WSWS.org : http://www3.wsws.org/articles/2009/may2009/sff1-m20.shtml

SF Gaurdian : http://www.sfbg.com/entry8411

Fiche technique:
Réalisation : Jean-Marie Teno
Images : Chrystel Fournier
Son : Jean-Marie Teno
Musiques : Smockey, The Alloy Orchestra, Jules Cesar Bamouni, Franck Héral
Montage : Christiane Badgley, Jean-Marie Teno, Jane Gillooly
Mixage : Christophe Héral, (les Productions de l’Erable)
Une Coproduction : Les films du raphia, Raphia Film Production (Cameroun)

Avec le soutien de : Amherst College, Copeland fellowship 08, The Andy Warhol Foundation, La Région Languedoc-Roussillon, L’Organisation Internationale de la, Francophonie

Ensemble, les films plusieurs fois primés du réalisateur camerounais Jean-Marie Teno brossent un portrait cinématographique de l’Afrique. Individuellement ou collectivement, ils proposent une lecture pertinente de la lutte des peuples africains pour se définir et restaurer une image acceptable d’eux-mêmes, loin des clichés coloniaux qui perdurent.

Extraits de propos de Jean-Marie Teno

Quelle était la genèse du film ?
Depuis plusieurs années, je parcours le monde pour présenter mon travail. Souvent les gens me posent la question : “vous faites vos films pour quel public ?” Je me suis demandé si on posait la même question à un cinéaste américain ou européen. Étant Africain, il faut toujours que je définisse un public spécifique pour mes films, et je ne voulais plus répondre à cette question. A Ouagadougou en 2007, quelqu’un m’a demandé : “vous faites ces films documentaires sociaux, mais les gens qui vivent dans les quartiers populaires, qui devraient voir ces films, n’ont jamais l’occasion de les voir. Qu’est-ce que vous allez faire pour changer cette situation ?” Cette question m’a troublé, c’est un vrai problème. Et je suis allé dans un vidéo-club à Saint-Léon, et là j’ai rencontré Bouba, le propriétaire du vidéo-club. En face du vidéo-club, il y avait Jules César, fabriquant de djembé, et puis il y avait cet homme, Abbo, qui écrivait sur les murs.

Les trois personnages du film?
Quand j’ai découvert ces trois personnages, je savais qu’il y avait un rapport très fort entre eux. Pendant que je faisais le film, ce rapport est devenu évident : Bouba, avec sa petite entreprise, son organisation, sa petite télé, qui montre des images, représente le côté visuel du cinéma. Jules César, qui fabrique des djembé, c’est le son. Libre de circuler, il symbolise l’aspect sonore du cinéma. Et, en même temps on peut dire que Bouba, c’est le côté commercial. Il essaye de gagner sa vie avec sa petite entreprise. Jules César, lui c’est l’aspect créatif. Il sue pour fabriquer son instrument avec lequel il va pouvoir raconter des histoires. Et Abbo, cet écrivain public qui écrit sur les murs fait la synthèse. Il est comme le cinéaste africain dont les films ne sont vus que par ceux qui ont la patience et

Est-ce que pour vous, ces vidéo-clubs sont un espace de diffusion viable ?
Les films qui sont montrés dans les vidéo-clubs sont souvent des films piratés. Les films africains coûtent trop cher, comme le dit l’exploitant du vidéo-club. On est dans une situation paradoxale : il y a cinquante ans, on ne produisait pas assez de films africains ; on ne les voyait pas. Aujourd’hui, il y a des films africains faits par des Africains mais qui n’arrivent pas à toucher le public populaire puisque la plupart des salles sont fermées. Au Cameroun, par exemple, il n’y a plus de salles de cinéma. Mais, il y a de plus en plus de vidéo-clubs. Donc, on peut continuer à vouloir réinventer la roue et faire des combats d’arrière-garde pour rouvrir des salles de projections en 35mm avec toutes les difficultés de circulation de copies. On peut aussi réfléchir à d’autres alternatives, comme par exemple essayer de moderniser ces vidéo-clubs pour qu’ils deviennent des espaces de diffusion de la culture populaire en utilisant Internet et le numérique.

En tant que cinéaste, que pensez-vous de ce type de lieu de diffusion ? Ce n’est pas la panacée, mais dans une situation de crise, il faut choisir le moindre mal. C’est à nous cinéastes d’engager un dialogue avec les gens des vidéo-clubs pour voir s’ils peuvent s’organiser, et négocier les droits des films pour certaines villes. Même s’ils donnent une contribution modique, ça peut permettre déjà à ce que les gens s’habituent à dire que rien n’est gratuit. Un artiste qui fait un film a besoin d’avoir des retombées, même symboliques. Et je crois qu’en travaillant avec eux, on peut commencer à mettre en place des structures. Ça leur permettrait aussi de moderniser leurs espaces, leurs circuits de manière à ce que les films puissent être montrés. Le plupart des jeunes dans les quartiers découvrent le cinéma à travers les vidéo-clubs. Si nous sommes absents des vidéo-clubs, des jeunes vont grandir sans avoir accès aux images africaines, et ça c’est grave.

A première vue, ce film est plus méditatif que vos films précédents, mais est-ce qu’on peut dire qu’il reste un film politique ?

Je n’ai pas envie qu’on me colle le label de cinéaste politique, mais quand je regarde la vie, quand je regarde le monde, c’est une réflexion qui est forcément politique. Si vous regardez mon œuvre depuis le début, il y a des questions qui se posent à moi, qui me renvoient au film suivant. C’est comme si j’étais dans une quête constante qui avance toujours film après film. J’avance sur des questions que j’aborde avec des perspectives différentes. Donc LIEUX SAINTS est dans la continuation de mon travail, de mes préoccupations et mes réflexions.

La figure du griot est évoquée plusieurs fois dans le film…

Si je reviens à la figure du griot, c’est que pendant les trente dernières années, il y a eu des tentatives en Europe de nous emmener des modes de narration soi-disant modernes, comme si en fait, on n’avait pas d’expérience de raconter des histoires, des expériences de storytelling en Afrique. Le griot est de ceux qui ont la maîtrise de l’art de raconter des histoires ; et ils sont une source d’inspiration pour certains cinéastes dans leur quête pour construire des formes de narration africaines, qui, par leur modernité, ajouteront à la diversité des modes de narration dans le monde.

[Propos recueillis par Mélissa Thackway]

SORTIE NATIONALE LE 4 MAI 2011

Sortie Prochainement : DVD Mai 2012

Les Films du Raphia DVDs

Press Reviews

Filmref.com : http://filmref.com
Village Voice.com : http://www.villagevoice.com
BeyondChron.com : http://www.beyondchron.org
Newyorker.com : http://www.newyorker.com
Bampfa.edu : http://www.bampfa.edu
JBSpins.blogspot.com : http://jbspins.com
WSWS.org : http://www3.wsws.org
SF Gaurdian : http://www.sfbg.com

Les Films du Raphia

Les FILMS DU RAPHIA, SARL au capital de 49 545 €, fondée en 1987 par Jean-Marie TENO et Catherine PUISEUX, produisent et distribuent des documentaires et des fictions de court et de long-métrage, pour la télévision et le cinéma. D’abord centrée sur l’Afrique, la thématique des films s’est élargie sur une analyse du monde contemporain dans son ensemble. + plus